Omniprésentes autours de nous, les images des films et téléfilms enchâssent immanquablement leurs personnages dans des décors soigneusement choisis, parfois spectaculaires et souvent significatifs.

Entre les spectateurs dans les salles de cinéma, les DVD et les diffusions sur les chaînes payantes et gratuites, une vingtaine de long-métrages français commencent chaque année une carrière qui leur permettra d’être vus en deux ou trois ans par plus de cinq millions de personnes en France. Et cent téléfilms par an dépassent le million de spectateurs.

Pourtant, rien n’assure la liaison entre le public et les lieux qu’il a découverts et aimés à l’écran…

Alors que les tournages et les films qui en résultent peuvent représenter une forme de communication très puissante, vers le public français comme étranger. Le nombre inépuisable de magazines papier et télé autour des films, téléfilms et de leurs stars démontrent en permanence leur capacité d’attraction.

De nombreux opérateurs publics et privés du tourisme dans les pays étrangers l’ont d’ailleurs bien compris : ils intègrent les synergies avec le cinéma et la télé dans la palette de leurs moyens d’action, avec deux types d’intervention, en aval et amont des tournages.

Inventorier les scènes de films et téléfilms célèbres tournés sur un territoire dans des sites toujours existants.

Cette connaissance par le public de scènes de cinéma célèbres peut avoir un impact touristique indéniable, tout autant que les lieux habités par des célébrités que leurs paroles prononcées (voir DALI et son fameux « gare de Perpignan centre du monde ». D’ailleurs la phrase complète est assez extraordinaire en soi : « C’est toujours à la gare de Perpignan […] que me viennent les idées les plus géniales de ma vie […] L’arrivée à la gare de Perpignan est l’occasion d’une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative […] « ).

En aval, il s’agit d’abord de valoriser le passé cinématographique d’une destination auprès des visiteurs (et des opérateurs qui les amènent).
Mais ce n’est pas simple : un tournage passe vite, et couvre de nombreux endroits, qui peuvent avoir été re-aménagés pour le film, ou avoir changé ensuite. Certaines productions étrangères peuvent très bien ne pas avoir marqué les esprits du public français, mais faire pour autant un tabac dans leur pays. Heureusement, les commissions locales du film, régionales et parfois départementales, du réseau Film France, sont le plus souvent dépositaires par leur mission d’accueil des équipes de films de ce type d’information, puisqu’elles ont souvent joué un rôle-clé dans la recherche de ces décors. Comment sélectionner les films et les scènes susceptibles de susciter l’intérêt ? La notoriété des films (mêmes anciens) et des stars qui sont apparues dans les scènes tournées, constituent les deux critères-clés. Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à ajouter des décors ayant servi pour des films censés se passer ailleurs, si leurs titres et/ou leurs stars sont là encore fameux. Le but est plus d’utiliser le glamour et la notoriété que la cinéphilie, à l’image des croisiéristes de la baie des Canebiers à Saint-Tropez qui attirent les touristes avec la promesse de voir à fois la plage qui accueille les tournages de la série « Sous le soleil » et la maison de Brigitte Bardot !

Sous ce registre, mais plus modestement, en 2012 la série TV « Antigone 34 » s’est entièrement tournée à Montpellier, faisant visualiser aux téléspectateurs, la ville et ses quartiers au gré des scènes…

C’est peut-être d’ailleurs ce qu’essaie de faire un candidat aux élections municipales à Perpignan, qui propose que les studios de la série TV « plus belle la vie » soient délocalisé à Perpignan dès 2014…

Pour relayer les informations vers le public, l’outil le plus simple et le plus pratique est la « movie map »

Movie map : une carte, ou un plan, d’une zone de visite mentionnant les sites de tournages, liés au cinéma et la télé, avec des photos de ceux-ci. Idéalement, ces images seront des photos du film, montrant clairement ses personnages dans les lieux proposés à la curiosité des visiteurs. Mais ces photos bien pédagogiques sont souvent très difficiles à récupérer : la communication des films privilégie avant tout leurs personnages, et des questions de droits se posent aussi. Des photos des mêmes sites « hors période de tournage » peuvent aussi faire l’affaire, parfois de manière plus pédagogique, le texte d’accompagnement assurant alors la jonction avec le film.
Précurseur en la matière en France, Paris Film – qui gère les (multiples) tournages situés dans la capitale – a ainsi créé des « parcours cinéma » téléchargeables sur le site de la Mairie de Paris, re-situant en français et en anglais les décors utilisés par des films célèbres : Rush Hour 3, The Devil Wears Prada, la Môme, mais aussi Ratatouille, un film d’animation qui met en scène la capitale.

D’une manière générale, les movie maps, apparues bien avant l’Internet haut-débit, sont souvent disponibles au départ sur support papier. Mais la transposition sur une Google maps, intégrable sur tout site web d’un opérateur touristique, est bien sur aisé.
Faut-il avoir accueilli des superproductions hollywoodiennes pour imaginer valoriser des décors ? Absolument pas. Les nombreuses séries télé et les long-métrages français tournés un peu partout dans notre pays fournissent bien des angles de promotion, même si leur notoriété est souvent moins internationale. Les données de Film France, l’agence qui, sous l’égide du Ministère de la Culture et du CNC, coordonne le réseau des 40 commissions du film sur le territoire français, tendent à indiquer qu’un grand nombre de villes et de territoires français ont, après un siècle de cinéma et cinquante ans de télévision, accueilli largement assez de films et de stars pour disposer d’un « patrimoine » de tournages à valoriser. Film France propose sur son site filmfrance.net des pages « Ça s’est tourné près de chez vous », qui, bien que ne recensant que des films récents, proposent déjà un grand nombre de titres de films tournés dans les régions françaises.

Proposer de nouveaux lieux de tournages, valorisant le patrimoine touristique local

Une fois qu’il ont inventorié la palette des sites à signaler, les opérateurs du tourisme peuvent aussi agir en amont pour augmenter et rafraîchir ce « patrimoine » de lieux de tournage. Comment ? En adoptant une attitude pro-active à l’égard des tournages, en collaboration avec les commissions du film. Ces dernières ont pour mission à la fois économique et culturelle de développer l’activité de tournages sur leur zone, afin, notamment, de soutenir l’emploi audiovisuel. Les budgets culturels restant minimes par rapport à ceux du tourisme, elles seront toujours enclines à envisager des synergies d’action de promotion et d’attractivité avec le tourisme.

- fam trips
Un exemple concret : les « fam trips ». Comme le tourisme, les commissions du film organisent des voyages de découverte de leurs territoires pour des professionnels de leur secteur. Lorsque ceux-ci sont des décorateurs ou des régisseurs, dont le métier est de rechercher des décors pour des films à venir, les structures du tourisme ont intérêt à soutenir ces initiatives, qui leur profiteront aussi, à travers leurs connections avec les hôtels et les compagnies aériennes, connections que n’a pas le secteur culturel ’autant que les médias se font facilement l’écho de ces initiatives au croisement du tourisme et de l’audiovisuel…
Parmi les premières initiatives, un Educ Tour à Paris et Marseille pour 10 scénaristes hollywoodiens, organisé en novembre 2008 par Film France, l’OT de Paris et la Chambre de Commerce Marseille-Provence (avec le Consulat de France à LA), et la première conférence “Tournages et Tourisme”, organisée en mars 2009 par la Chambre de Commerce de Marseille, avec le soutien de Film France.

- Web 2.0

Et on peut aussi parler de la mutualisation des films des touristonautes, pris par smartphones et appareils numériques, postés sur des sites dédiés offerts par un Office de tourisme ou une plate-forme territoriale, et qui sont une mine d’or en matière de découverte de paysages, cadres, situations filmiques nouvelles pour les réalisateurs et leurs équipes de veille, qui, à n’en pas douter, sillonnent le web à la recherche de cadres inédits et pertinents à leurs projets

- Drônes

Sans oublier que 2014 et les prochaines années va voir la démocratisation d’un outil de visualisation d’images aux possibilités originales : les drônes civils, dont nombre de professionnels du tourisme devrait faire usage et dont les résultats filmiques seront postés au endroits stratégiques d’un site web Office de tourisme…


Subscribe to comments Comment | Trackback |
Post Tags:

Browse Timeline


Add a Comment


XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>