Lu ailleurs, des remarques qui pourraient parfaitement s’appliquer au tourisme rural et à la valorisation du patrimoine en Languedoc Roussillon .

Le territoire de la Communauté de Communes de Desvres

un cas intéressant, qui concilie développement économique et valorisation touristique.

Desvres est une commune du Pas-de-Calais d’environ 5000 habitants, où depuis 1764 sont produits à la main des objets en faïence dans des décors aux styles célèbres. Cette longue tradition fait de cette cité de l’arrière-pays boulonnais un lieu de destination touristique. On peut y visiter notamment la Maison de la Faïence (musée municipal) et y découvrir les productions et savoir-faire faïenciers actuels, par la visite d’ateliers de petites unités industrielles, d’artisans et d’artistes.

En 2005, la Communauté de Communes du Pays de la Faïence de Desvres m’a passé commande de l’étude de faisabilité d’une « structure d’accueil d’entreprises métiers d’art » devant répondre à deux enjeux, qui pouvaient sembler antinomiques a priori :

- 1 : élargir la filière faïence/céramique, par l’accueil d’entreprises apportant de nouveaux savoir-faire et produits au territoire et portées sur l’innovation et la coopération ;
- 2 : faire de l’élargissement de la filière un élément d’attractivité touristique supplémentaire.

Le résultat de cette intention se traduit en un équipement que la Collectivité va inaugurer avant l’été 2009 et qu’elle a baptisé (provisoirement ?) « Village des Métiers d’Art ». Labellisé « Pôle d’Excellence Rurale » par la DIACT, cet équipement alliera développement économique, tourisme, promotion et innovation, au sein d’un même lieu grâce à :

- une pépinière d’entreprises dédiée à la céramique et aux métiers d’art : 10 ateliers de 70 m², des équipements mutualisés sur 350 m² (fours, espaces de séchage et de stockage, salle de réunion,…) et un accompagnement économique spécialisé ;
- un « pôle de création design » (d’une surface de 265 m²) destiné à favoriser l’innovation dans les métiers de la céramique ;
- un parcours de découverte et des services dédiés aux touristes.

Le parcours de découverte débutera au sein d’un hall d’accueil de 30 m² et d’un centre d’interprétation de 130 m², avec la projection de films ; il se poursuivra au moyen d’une coursive d’environ 200 m² surplombant les ateliers (pour permettre de voir l’activité des ateliers sans déranger les occupants), pour aboutir dans une boutique collective de 110 m². Pour compléter la découverte du matériau, un espace (collectif également) pour les loisirs créatifs permettra au public de s’essayer aux gestes et aux savoir-faire des céramistes.

L’authenticité du terroir “made in china” ?

L’explosion du tourisme rural encourage effectivement les collectivités locales à mettre en avant leurs « trésors locaux » : sites naturels, culturels ou historiques, mais aussi les savoir faire-traditionnels et les coutumes locales. L’authentique plait, le terroir fait vendre, et les boutiques « souvenir » associées à ces sites fleurissent partout. Ces boutiques permettent la préservation des sites tout en contribuant à leur notoriété. Elles sont un outil formidable, tant sur le plan économique que marketing.
Cependant, comment ne pas remarquer, en vente dans ces même boutiques, tous ces produits « made in china » ? Que pensez alors de cette volonté affichée de promouvoir l’artisanat d’art local ? L’artisan d’art n’est-il pas plus à même d’assurer la production de ces objets, le plus souvent commandés en petites quantités ? Ne serait-il pas plus valorisant pour la boutique de proposer un objet artisanal original et justifié plutôt qu’un objet banalement passe-partout (porte-clefs, mug, T-shirts…) fabriqué en série et juste siglé ? Manque d’imagination ? Frilosité ? Indifférence ? ….

Non, surement pas ! Il manque effectivement aux collectivités un interlocuteur pour la commercialisation des produits des entreprises de métiers d’art. Nous ne pouvons pas demander à chaque collectivité de répertorier tous les artisans d’art et de les interroger séparément. De même les PMA manquent de moyens (temps/budget) à consacrer à la promotion.
Un réseau de commercialisation pour leurs produits, ce serait à coup sur l’outil de promotion de plus efficace pour les PMA. Mutualiser les besoins en communication pour augmenter la visibilité et les besoins en recherche pour coller aux demandes du marché, voila un projet intéressant et ambitieux.

A suivre…


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Comments ( 1 Comment )

merci pour votre valorisation du pays de Desvres

Au plaisir de vous voir

Alain Cordier added these pithy words on oct 30 14 at 11:10

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